20 NOVEMBRE : QUEL EST L’ÉTAT DES DROITS DE L’ENFANT AU TOGO ?

Le 20 novembre est la journée internationale des droits de l’enfant. Il y a en effet 28 ans, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Convention relative aux droits de l’enfant par sa résolution 44/25.

 En 2012, il y a 5 ans, le Comité des droits de l’enfant avait dressé un bilan inquiétant des droits de l’enfant au Togo. Les experts du Comité ont exprimé des préoccupations notamment par rapport aux :

  • Enfants victimes de violence, notamment de sévices, de négligence et d’abus sexuels en milieu familial ;
  • Enfants handicapés marginalisés, privés d’accès à l’éducation, y compris inclusive, et aux soins de santé même élémentaires ;
  • Enfants des rues exposés à la violence, notamment aux abus sexuels et à l’exploitation économique et sexuelle ;
  • Enfants victimes de vente, de traite et d’enlèvement ;
  • Enfants non enregistrés à la naissance et ne faisant pas parties des statistiques de l’Etat ;
  • Enfants en rupture familial et sans protection de remplacement.

Sur le plan de l’éducation, il apparait que l’engouement généré par la suppression des frais scolaires en 2008 n’a pas été suivi par d’une allocation budgétaire appropriée pour absorber l’augmentation des inscriptions et la qualité de l’éducation. L’accès à l’éducation primaire reste limité pour plus de 33% des enfants en milieu rural, et le manque d’infrastructures adéquates y contribuent tout comme la proportion élevée d’enseignants bénévoles directement dépendants des communautés dans certaines régions. Quant à l’accès à l’éducation de la petite enfance, le Togo est encore à un niveau embryonnaire.

Aujourd’hui, les enfants continuent d’être exploités sexuellement et économiquement. La déperdition et l’abandon scolaires ne trouvent pas des réponses appropriées, y compris en termes de formations professionnelles.

Malgré l’adoption de plusieurs lois comme la loi no 2005-009 sur la traite d’enfants de 2005, des programmes dotés de ressources humaines, logistiques et financières manquent. Il n’y a pas une politique nationale spécifique à la hauteur des défis relatifs à la petite enfance et à l’enfance et en accord avec les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Le Togo devrait soumettre ses cinquième et sixième rapports périodiques avant le 1er septembre 2017. Cela n’a pas été fait. L’Etat togolais devrait :

  • définir une politique nationale globale spécifique dotée de ressources idoines sur la protection de la petite enfance et de l’enfance ;
  • honorer, sans délai, ses engagements vis-à-vis de la Convention relative aux droits de l’enfant en soumettant son rapport au Comité des droits de l’enfant ;
  • ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant établissant une procédure de présentation de communications ;
  • mettre en œuvre les recommandations de l’Examen Périodique Universel d’octobre 2016 ainsi que d’autres recommandations pertinentes formulées par les autres mécanismes régionaux et internationaux des droits de l’homme.

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